Gestation du tableau

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Pour saluer mes visiteurs dans l’esprit de ce site, et juste avant de proposer mes services, soit les commandes qui peuvent m’être passées, je tiens à vous livrer encore quelques bribes de mon ‘journal de peintre’, de sorte qu’on puisse se représenter un petit peu ce qu’est la gestation d’un tableau, ses conditions intimes d’élaboration, qui ressemblent sans doute aux inquiétudes de tous les artistes, dans toutes les cultures, et à toutes les époques !

…Toujours faire remonter à la surface de ma conscience la primauté des sensations : ce sont elles qui commandent ; après, le tableau s’organise et se construit autour de cette première impression dominante qui l’a motivé…c’est pourquoi je suis souvent amenée à repasser du blanc, avec une certaine vivacité, sur l’ébauche qui tend à s’enliser dans de nouveaux formalismes, déviés de l’émotion originale, trahissant son sujet de départ.
La tentation de tout artiste, et à tout moment, est de s’enfermer soi-même : s’enfermer dans une forme, un dessin, une couleur ou une intensité…une construction aussi ( c’est le leurre le plus dangereux ) ; de sorte que le tableau s’éloigne insensiblement de son énergie créatrice de départ, dans l’artifice d’une technique aiguisée.
Ce qui sous-tend la progression quasi parallèle entre la recherche exigeante et authentique du peintre, et de ses défauts qui s’affinent la plupart du temps au même rythme.
La vigilance sera donc accrue. En ce qui me concerne, je note ces dangers pour les éviter, pour bien les voir. C’est une sorte de rangement permanent de ma pensée, de sorte de ne pas la laisser battre la campagne, comme affolée, sans but précis, privée de ses objectifs premiers…
Et les sujets surgissent ainsi d’eux-mêmes, comme certaines images, certaines pensées… comme les nouveau-nés tout simplement, sans que l’on puisse se représenter à l’avance la surprise qu’ils nous réservent…dans une singularité inouïe.
Le fil rouge de ma pratique picturale.
Je m’abrite avec bonheur ici derrière l’un des Grands Maîtres du début de XXème siècle, Georges Braque, parlant avec une élégance pudique de ce tourment délicieux et continuel du peintre, avec ces mots :
‘…le blanc souci de notre toile…’

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