L’héritage français

Pastel ciel pres de Sisteron Bien que rivée à l’Italie, en France aussi j’ai des parents. Et ceux auxquels je me réfère essentiellement sont assez proches de nous… Parmi eux, modeste et plutôt ‘retiré’, est un peintre immense, le véritable père des impressionnistes ( beaucoup sont venus le voir et recueillir ses ‘leçons’, en travaillant à ses côtés ) : Eugène-Louis Boudin. Contemporain de Baudelaire, qui fut un grand admirateur et contribua à sa notoriété, E-L B a passé sa vie à noter les mouvements du ciel et de la mer, à Honfleur, sa ville d’origine, en précisant l’heure et le sens du vent. On peut découvrir en ce lieu ( le Musée qui lui est consacré, ressemblant à un navire ), de tout petits formats, des pastels le plus souvent _ donnant à contempler l’immensité du monde, la mystique de l’univers, la puissance des éléments dans lesquels l’homme est immergé depuis sa création. On reste saisi alors par le paradoxe extraordinaire de ces minuscules esquisses, aussi précieuses au regard que le plus énorme des diamants.
Séduite par la richesse inouïe de la capitale du Bosphore, Istanbul, et de son équivalent lagunaire, Venise, je demeure captive de la lumière émanant de ce peintre discret, loin d’être en contradiction avec les illuminations flamboyantes de l’Orient: la force d’un message et sa longévité ne dépendent ni des instruments du pouvoir, ni de la richesse apparente de son expression. Du moins, pas exclusivement. La création artistique et la liberté qu’elle présuppose indique d’autres voies…souvent silencieuses. Et si maints artistes au passé glorieux nous apparaissent aujourd’hui dans un prestige ‘établi’, nous ne devons pas oublier qu’ils ont dû _ même les plus affirmés _ mener un combat continu pour préserver leur sacro-sainte liberté. Quitte pour certains à encourir une période de disgrâce, d’oubli…